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Gouttières & orthèses

Un dispositif que le patient portera vraiment.

Une gouttière n'a aucune valeur esthétique et personne ne la remarquera. Elle se juge sur deux choses seulement : ce qu'elle protège effectivement, et le fait que le patient accepte de la porter toutes les nuits.

La meilleure gouttière est celle qui est portée. Le reste est théorique.

Mise au point

Trois dispositifs,
trois objectifs sans rapport.

Le mot « gouttière » recouvre des objets qui ne font pas la même chose. Les confondre à la prescription, c'est recevoir une pièce qui ne remplit pas la fonction attendue.

Gouttière occlusale


Elle s'interpose entre les arcades. Sa logique est l'usure sacrificielle : le matériau s'abîme à la place de l'émail, et les contacts sont redistribués selon un schéma choisi par le praticien.

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Protection


Elle amortit un choc externe. Sa logique est l'absorption d'énergie, pas le réglage occlusal. L'épaisseur et le recouvrement se règlent sur le niveau de contact du sport pratiqué.

Sport pratiqué et niveau de contact à préciser à la prescription.

Contention


Elle maintient une position obtenue par un traitement. Sa logique est la stabilisation : elle ne corrige rien, elle empêche un retour en arrière.

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La distinction

Trois familles, trois objectifs sans rapport

Le terme « gouttière » recouvre des dispositifs qui n'ont pas la même fonction. Les confondre à la prescription conduit à recevoir un objet qui ne fait pas ce qu'on en attendait.

La gouttière occlusale s'interpose entre les arcades. Elle protège les dents de l'usure liée aux contraintes de parafonction et redistribue les contacts selon un schéma choisi. La protection amortit un choc externe : sa logique est l'absorption d'énergie, pas le réglage occlusal. La contention maintient une position dentaire obtenue par un traitement : elle ne corrige rien, elle empêche un retour en arrière.

Trois objectifs différents impliquent trois conceptions différentes : en matériau, en épaisseur, en étendue de recouvrement et en réglage. La donnée la plus utile que le laboratoire puisse recevoir n'est donc pas le nom du dispositif, c'est l'objectif clinique poursuivi.


L'information la plus utile n'est pas le nom du dispositif. C'est l'objectif clinique poursuivi.

Photographie à fournirGouttière terminée sur modèle. Format vertical.

Indications

Quand prescrire quoi.

Chaque famille répond à une situation précise.

  • 01
    Usure liée à une parafonction Signes d'usure évoquant un serrement ou un grincement. La gouttière occlusale protège les surfaces dentaires en interposant un matériau sacrificiel.
  • 02
    Protection d'une réhabilitation Restaurations récentes que l'on souhaite préserver dans un contexte de contraintes nocturnes élevées.
  • 03
    Symptomatologie musculaire ou articulaire Dispositif de reconditionnement s'inscrivant dans une prise en charge plus large. L'objectif visé doit être précisé, car il conditionne le schéma occlusal à donner.
  • 04
    Pratique sportive Protection contre les traumatismes lors d'activités à risque de choc. L'épaisseur et le recouvrement se règlent sur le type de sport.
  • 05
    Fin de traitement orthodontique Contention destinée à stabiliser le résultat obtenu. Sans elle, la récidive est la règle plutôt que l'exception.
  • 06
    Duplication d'un dispositif existant Remplacement d'un dispositif perdu, usé ou fracturé. Le fichier archivé permet de reproduire à l'identique si la situation clinique n'a pas changé.

Cas d'utilisation

Trois demandes, trois dispositifs distincts.

Trois demandes qui appellent trois dispositifs distincts.

Cas 01

Usure généralisée chez un patient qui serre

Problématique Protéger les surfaces dentaires d'une contrainte nocturne récurrente, sans altérer davantage les dents.
Solution Gouttière occlusale sur mesure, avec un schéma de contacts défini par le praticien.
Ce qui compte Le réglage occlusal en bouche est indissociable de la pièce. Une gouttière livrée mais non réglée protège mal et se porte peu, ce qui revient au même.
Cas 02

Protection pour une pratique sportive

Problématique Absorber un choc sans gêner la respiration ni l'élocution, faute de quoi le dispositif finit dans le sac.
Solution Protection dont l'épaisseur et l'étendue sont ajustées au niveau de risque du sport pratiqué.
Ce qui compte Le compromis entre protection et tolérance est le sujet central. Le sport pratiqué et le niveau de contact attendu sont des données à transmettre.
Cas 03

Contention après traitement orthodontique

Problématique Maintenir un alignement obtenu, sachant que la tendance au retour est maximale dans la période qui suit la dépose.
Solution Contention conçue sur le modèle de fin de traitement, avec un recouvrement adapté au secteur à stabiliser.
Ce qui compte Le délai entre la dépose et la pose de la contention est le point critique. Un fichier archivé permet de remplacer rapidement un dispositif perdu.

Paramètres

Ce qu'il faut préciser à la prescription.

Les paramètres à préciser à la prescription.

Arcade concernée

Maxillaire ou mandibulaire. Le choix dépend de l'objectif poursuivi et de la tolérance attendue du patient.

Recouvrement

Total ou partiel. Un recouvrement partiel ne se prescrit pas indifféremment : il modifie l'appui sur les dents non recouvertes.

Épaisseur

Compromis entre protection et tolérance. Une pièce trop épaisse n'est pas portée ; une pièce trop fine ne protège pas et se perce.

Schéma occlusal

Répartition des contacts et guidage souhaités. C'est une décision clinique, à formuler explicitement : le laboratoire ne peut pas la déduire des modèles.

Rigidité du matériau

Du rigide au souple selon la fonction visée. Une protection sportive et une gouttière occlusale n'appellent pas la même réponse mécanique.

Duplication

Le fichier est conservé douze mois minimum : un dispositif perdu ou usé se reproduit à l'identique sans reprendre d'empreinte, si la situation clinique n'a pas changé.

Prescription

Ce qui fait la différence sur un dispositif simple

Une gouttière est une pièce de géométrie simple. C'est précisément pour cela que les informations transmises pèsent autant.

L'objectif clinique

Protéger de l'usure, amortir un choc, stabiliser une position : trois objectifs, trois conceptions. C'est l'information la plus utile de toute la prescription, et la plus souvent omise.

Les empreintes et l'occlusion

Les deux arcades et l'enregistrement de l'occlusion. Sur un dispositif occlusal, la relation entre les arcades est ce que la pièce va matérialiser : elle ne peut pas être approximative.

La conception

Étendue du recouvrement, épaisseur, dégagements, surface d'appui. La conception assistée permet de contrôler l'épaisseur en tout point et de conserver le fichier.

Le réglage à la pose

Un dispositif occlusal se règle en bouche. Cette étape appartient au praticien et fait partie du dispositif : sans elle, la pièce ne remplit pas sa fonction.

Le suivi

Usure, perforation, perte : un dispositif de protection est consommable par nature. Le laboratoire propose un tarif de renouvellement réduit sur présentation de l'ancienne gouttière, dans la limite d'un exemplaire par an.

Données nécessaires

Une prescription complète tient en sept lignes.

Une prescription complète tient en sept lignes.

  • Empreintes des deux arcades, physiques ou fichiers STL
  • Enregistrement de l'occlusion
  • Objectif clinique du dispositif, formulé explicitement
  • Arcade concernée et étendue de recouvrement souhaitée
  • Épaisseur et rigidité attendues
  • Schéma occlusal souhaité, pour un dispositif occlusal
  • Pour une protection sportive : le sport pratiqué et le niveau de contact

Questions fréquentes

Les questions qui reviennent.

Le choix dépend de l'objectif et de la tolérance du patient. Le maxillaire offre plus de surface d'appui ; le mandibulaire est souvent mieux toléré par les patients sensibles à l'encombrement. C'est une décision clinique, à indiquer à la prescription.

Sur un dispositif occlusal, oui, systématiquement. Le laboratoire fabrique à partir des modèles et de l'enregistrement fourni ; le contrôle et l'ajustement des contacts en bouche appartiennent au praticien et font partie intégrante du dispositif.

Cela dépend entièrement de l'intensité de la parafonction. Une gouttière est une pièce sacrificielle : elle s'use à la place des dents, c'est son rôle. Un contrôle régulier de son état fait partie du suivi.

Oui, à partir du fichier archivé, conservé douze mois minimum et accessible depuis l'historique de votre cabinet, sous réserve que la situation clinique n'ait pas évolué.

Non. Elle protège les dents des conséquences de la parafonction et peut soulager certains symptômes, mais elle n'en traite pas la cause. Sa place s'inscrit dans une prise en charge plus large, définie par le praticien.

Dites-nous ce que le dispositif doit faire.

Protéger de l'usure, amortir un choc, stabiliser une position : c'est cette phrase-là qui détermine toute la conception. Elle est plus utile qu'un nom de dispositif.